Joyeux anniversaire

Aujourd’hui, cela fera 3 ans qu’Urdr, Skuld et moi avons découvert le codex XLPM rf8°.

Les lecteurs les plus fidèles savent que toutes les trois nous aimons nous disputer sur ce blog (et en dehors) sur la signification du contenu de ce manuscrit ci particulier. Si Urdr et Skuld ont déjà publié des articles sur ce sujet , je ne vous ai jamais expliqué pourquoi il m’avait convaincu si profondément de l’arrivée prochaine de Ragnarök. La raison pour laquelle j’ai tant tardé à vous en parler, chers lecteurs, c’est que je n’osais pas y penser de peur que le simple fait d’y penser me replonge dans cette nuit de cauchemars.

Nous étions en plein été ; la chaleur étouffante de la journée ne semblait pas vouloir baisser avec l’arrivée de la nuit. N’arrivant pas à trouver le sommeil, je me suis rendue au bureau afin de travailler sur l’analyse du manuscrit.

J’avais beau l’avoir parcouru déjà des dizaines de fois, je ne pouvais m’empêcher de le relire encore et encore. Son contenu mystérieux et mystique avait un effet hypnotisant qui allait peut-être m’aider à dormir.

A première vue, le texte semblait n’avoir aucun sens. Des phrases, des chiffres, des sigles.

Pour me sentir moins seule, j’ai eu l’idée de lire le texte à haute voix .

A chaque phrase prononcée, des visions inspirées du texte s’insinuaient dans mon esprit.

A la lecture de la première phrase, j’ai ressenti sur ma peau le souffle d’un vent glacial envahir la pièce. En un instant, je n’étais plus dans mon bureau mais dans une vaste plaine enneigée entourée de montagnes. Dans ce désert de givre, le temps était comme arrêté sur un hiver sans fin.

Lorsque j’ai repris mes esprits, j’ai d’abord cru avoir rêvé. La fatigue et mon envie d’un peu de fraîcheur avaient dû me jouer des tours. J’ai donc poursuivi la lecture du texte à voix haute…

J’avais à peine commencé à lire quelques mots quand je l’ai entendu. Un son. Un son que je n’avais jamais entendu auparavant. Un son qui venait du fond des temps pour briser le silence de la nuit.

Peur. Oui, chers lecteurs, j’avais peur. Peur de continuer à lire. Peur de devenir folle. Peur d’arrêter de lire. Peur de connaître les mystères de ce manuscrit. Peur de ne jamais savoir.

J’avais peur… J’ai lu.

A partir du milieu du texte, une odeur de chair putréfiée a envahi l’espace. Je me suis vue à nouveau dans cette immense plaine transformée cette fois-ci en charnier. Ne sachant d’où je venais ni où j’allais, j’ai marché longtemps sans but au milieu des cadavres. Au détour d’un chemin, dans le reflet d’une flaque d’eau, je me suis vue.

Je n’étais plus qu’une tête flottant au-dessus du vide…

Urdr et Skuld m’ont retrouvée le lendemain matin étendue sur le canapé du bureau, le codex à la main.

J’avais enfin réussi à m’endormir.